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Renaissance du Patrimoine Poudrier
de Saint Chamas et de Miramas (1974-2004) |
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Par André Limon
30
juin 1974, les 16 nitreurs de l'usine de tolite vomissent dans
un magnifique nuage rouge, leurs derniers acides dans les fosses
de noyage, « la dernière campagne », marquant
l'arrêt définitif de la poudrerie de Saint-Chamas
et mettant fin à 300 ans de bons et loyaux services. Encore
quelques années de nettoyage, puis commence une longue
période de décontamination, accompagnée de
la démolition de notre patrimoine immobilier industriel.
Seul un ensemble de deux ateliers de meules à poudre noire
avec leur aqueduc est miraculeusement sorti indemne du massacre.
Au nord de la poudrerie des bâtiments construits par la
pyrotechnie de Toulon pour le chargement des mines et des torpilles
n'ont pas été démolis mais ce sont des constructions
récentes. |
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André
Limon est le correspondant de l'A3P pour la Provence. Titulaire
d'un BTS de mécanique et d'un BTS de dessinateur,
il est entré en 1950 au laboratoire de la poudrerie
de Sorgues. Devenu agent technique des poudres en 1957,
il a passé un an au parc de stockage de Baussenq
avant d'être affecté au bureau d'études
de la poudrerie de Saint Chamas où il travaillera
jusqu'en 1972. Touché par la réforme des poudres,
il a choisi de poursuivre sa carrière dans le secteur
privé, puis de vivre sa retraite à Saint Chamas
ce qui lui permet d'apporter son précieux concours
à la sauvegarde et à la mise en valeur du
patrimoine poudrier local |
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| Dans
les années 1990 la commune de Saint-Chamas a acquis 7 hectares
comprenant l'entrée principale, la cour d'honneur et Ies
bâtiments administratifs. L'ensemble est très bien
restauré. Pour les 120 hectares restants, les terrains
très arborés et envahis par l'eau ont été
rapidement colonisés par une nature sauvage et l'accès
a du être interdit aux saint chamasséens. Enfin sous
la pression des municipalités de Saint-Chamas et Miramas,
ces terrains ont pu être achetés par le conservatoire
du littoral en 2001, mettant ainsi un terme à toutes les
spéculations des promoteurs de tout genre |
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En
1999, un syndicat mixte est créé par les deux communes
: le SIANPOU (Syndicat Intercommunal de l'Ancienne Poudrerie).Son
rôle est de gérer et entretenir le site pour le compte
du conservatoire du littoral. Une équipe dynamique a redonné
vie à cet espace, curant les canaux, abattant les arbres
morts et dégageant les routes et les sous-bois des ronces
et taillis. La flore exceptionnellement riche en feuillus et arbres
exotiques a été mise en valeur par la création
d'un sentier botanique jalonné de panneaux descriptifs.
La partie sud-ouest bordée par l'étang de Berre,
abrite une importante roselière et des fourrés de
tamaris qui constituent une excellente zone de nidification et
d'hivernage pour les oiseaux (113 espèces recensées).
Une vigie d'observations a été créée
sur le toit d'un ancien transformateur.
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Panorama
du port de pêche de Saint Chamas et
de la partie sud de la poudrerie vers 1900
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| Mais
ce qui tenait le plus à cœur aux anciens poudriers,
c'était la mise en valeur des ateliers de poudre noire,
noyés sous les ronces et les grandes terrasses environnantes,
constituant un ensemble datant du 19ème siècle.
Le conseil général des Bouches-du-Rhône a
participé à ces travaux en envoyant une association
de jeunes en période de réinsertion l'ARTEB (Association
pour la Revalorisation de l'Etang de Berre) qui a fait un travail
remarquable. La grande halle de la pyrotechnie de Toulon a pu
être par ailleurs réutilisée pour abriter
une importante exposition de documents relatant l'histoire de
la poudrerie; une
autre partie est consacrée à la fabrication des
poudres, explosifs et propergols et à leurs applications.
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Chargement
de la poudre noire fabriquée à Saint Chamas sur
un navire de commerce. A l’arrière-plan la colline du
Baou avec ses habitations troglodytes.
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Tous
ces travaux récents ont été mis à
l’honneur lors des deux journées du patrimoine les 18 et
19 septembre. Par un temps splendide, une foule enthousiaste a
pu parcourir tous ces points d’intérêt historique,
guidée par d’anciens poudriers dont le rôle était
de faire revivre le temps passé tout en flânant dans
de merveilleux parc qu’est devenue la poudrerie. A cette occasion,
l’annonce pour la plus grande joie des visiteurs de la réouverture
dorénavant au public de ce magnifique patrimoine a été
faite par les gestionnaires responsables du site. C’est pourquoi
nous pouvons parler aujourd’hui avec émotion, 30 ans après
la fermeture de la poudrerie d’une véritable renaissance
du patrimoine poudrier de Saint-Chamas et Miramas
Septembre
2004 André Limon |
René
Amiable et André Limon le 18 septembre 2004 devant l’ancienne
usine de poudre noire. Au fond, à droite, l’aqueduc qui
alimentait le moulin à poudre avec l’eau de la Touloubre
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