AMIS DU PATRIMOINE
POUDRIER ET PYROTECHNIQUE
English
     

L'Etat, l'armée, la science.

L'invention de la recherche publique en France (1763-1830)
 

Patrice Bret

L'Etat, l'armée, la science.
L'invention de la recherche publique en France (1763-1830)
Rennes, Presses universitaires de Rennes (Collection Carnot), 483 p., ill. 
ISBN 2-86847-655-4
Prix public franco de port 28 euros
 
SOMMAIRE

Introduction : L'Etat Prométhée

  • Une image-symbole de l'invention de la recherche publique
  • Le programme prométhéen de Bacon
  • De l'Etat, des inventeurs et du progrès technique

Partie I : L'État organisateur de l'innovation. Du modèle académique au modèle technocratique

1. La tradition colbertiste, du modèle académique au service public

  • Le tribunal de la science et de la technique : l'Académie royale des sciences entre réforme et contestation
  • La scolarisation des corps à talents : l'uniformisation des savoirs techniques à bases scientifiques
  • La constitution d'un patrimoine inventif : le compromis démocratique de la monarchie constitutionnelle

2. L'organisation révolutionnaire et la mobilisation scientifique et technique de la nation

  • L'initiative de l'Etat républicain : la direction occulte des savants
  • L'activation des réseaux scientifiques : la mobilisation de tous les talents
  • La recherche sous contrôle : les établissements secrets de Meudon
  • L'émulation et la veille technologique : modes et structures d'appel à inventions

3. La normalisation technocratique et l'administration de la recherche par les corps savants

  • Du politique à la technocratie : l'effacement du pouvoir central et l'affirmation des corps
  • Les lieux de la recherche publique : l'exploitation des savoir-faire des établissements parisiens
  • Le creuset messin : la recherche expérimentale dans les écoles de Metz

Partie II : L'administration de la production. L'esprit scientifique appliqué à l'industrie nationale

4. L'avènement de la précision pour l'uniformisation rationnelle des matériels

  • La rationalisation des matériels d'artillerie, de Gribeauval à l'Atelier de précision
  • La rationalisation des armes portatives, d'Honoré Blanc à l'Atelier de perfectionnement
  • Division du travail et mécanisation : la production de platines "à l'identique" dans les manufactures 

5. La Régie royale des Poudres et salpêtres et l'organisation scientifique d'une entreprise publique

  • Une révolution administrative : de la Ferme au service public
  • La scolarisation des commissaires des poudres - La Régie et la recherche appliquée

6. Les procédés révolutionnaires de la poudre et la recherche d'une rationalité technique

  • Objectifs et origines de la méthode révolutionnaire
  • La diffusion des procédés révolutionnaires : les pédagogies de l'action
  • La normalisation des procédés révolutionnaires

Partie III : Les programmes d'épreuves d'armes. La recherche d'une nouvelle puissance de feu

7. Du boulet incendiaire à l'obus de marine : les programmes d'épreuves d'artillerie

  • Projectiles incendiaires et explosifs sous la Révolution
  • Du boulet creux à l'obus de marine : le purgatoire des archives et la synthèse de Paixhans

8. La réponse au défi britannique : la fusée de guerre et la recherche pyrotechnique

  • La fusée de guerre entre passé et avenir : le retour d'une rivale de l'artillerie ? (1760-1809)
  • La commission des fusées incendiaires : succès technique et échec militaire (1810-1813)
  • Les voies d'un transfert : de l'influence danoise à l'implantation britannique (1813-1827) 

Épilogue : Le mythe et le modèle (1815-1915)

  • Les caractères de la recherche française - Originalité du cas français - Un modèle français à l'étranger ?
  • Cent ans d'héritage du modèle révolutionnaire 

Conclusion

  • De l'expertise technique et de l'innovation dans le domaine militaire
  • De la rupture cruciale : une rupture culturelle

Sources et bibliographie

Index

 
QUATRIEME DE COUVERTURE

En avril 1793, le premier acte du Comité de salut public est la création d'une commission chargée " de rechercher et d'éprouver les nouveaux moyens de défense " : derrière Guyton et Prieur de la Côte-d'Or, les savants prennent en main l'organisation matérielle de la victoire de la France républicaine contre l'Europe coalisée et inspirent les grandes institutions scientifiques et techniques fondées par la Convention (Ecole polytechnique, Conservatoire des arts et métiers…). L'analyse des ressorts de cet épisode héroïque de la mémoire nationale en donne ici une lecture enfin dégagée de l'anecdote et de l'idéologie, qui inscrit l'action des savants et des politiques dans la genèse de la recherche publique : de la fin de la Guerre de Sept ans à la révolution de 1830, par-delà les changements de régime, la modernisation de l'Etat passe aussi par la gestion de l'innovation.

Avant d'être un modèle de crise vers lequel se tournera la France en 1870 et en 1914, la " mobilisation des savants " de l'An II est le cœur d'une organisation révolutionnaire de la recherche fondée sur une étroite collaboration entre le pouvoir et le savoir. Elle assure le passage entre le vieux modèle colbertiste de l'expertise académique de l'Ancien Régime, moins figé qu'on ne le pense, et un modèle technocratique d'administration de la recherche par les corps d'Etat de formation polytechnicienne. La normalisation qui s'opère du Directoire à la Restauration prend ses racines dans la puissance croissante des corps savants dans l'appareil de l'Etat, depuis la création de leurs écoles au siècle des Lumières et de leurs comités centraux sous la Révolution.

De Louis XVI à Charles X, mais avec une impulsion majeure sous la Ie République, le pouvoir invente des formes d'intervention et des structures spécifiques. Il uniformise les procédés, les matériels et les formations, assure l'expertise et la conservation patrimoniale des inventions. Il prend l'initiative d'une recherche collective dans des institutions pérennes où il lance des programmes de recherche associant savants et militaires pour "l'application des sciences à la guerre". La Convention ouvre à Meudon les premiers centres de recherche sur des armes nouvelles (aérostation, obus de marine…). Napoléon dote l'Ecole polytechnique de moyens spectaculaires et nomme des commissions pour l'étude des poudres et des fusées de guerre. La Restauration multiplie les comités techniques et les laboratoires publics, où travaillent des ingénieurs-savants polytechniciens (Gay-Lussac, Poncelet…). Elle fonde l'Ecole centrale de pyrotechnie militaire à Metz et y développe un pôle de recherche expérimentale autour de l'Ecole d'application du génie et de l'artillerie.

Un nouveau paysage de l'innovation est mis en place pour plus d'un siècle. Derrière le caractère militaire de ces institutions, il s'agit en fait de la naissance de la recherche publique en France. La suite n'est que changement d'échelle, adaptation aux réalités nouvelles et évolution naturelle d'un modèle dont l'influence se fait sentir à l'étranger après Waterloo.

L'auteur

Chargé de recherche au CNRS (Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques de la Cité des sciences et de l'industrie), Patrice Bret dirige les travaux du Comité Lavoisier de l'Académie des sciences et appartient au comité de rédaction des Annales historiques de la Révolution française. Spécialiste des réseaux, pratiques et institutions scientifiques et techniques aux XVIIIe et XIXe siècles, il a publié plusieurs ouvrages personnels et collectifs.

 
CITATIONS
(extraites du rapport de thèse)
" Patrice Bret aborde non seulement les aspects techniques, mais le " modèle révolutionnaire " de mobilisation de la science, et le processus d'institution-nalisation qui en fait l'originalité. Vaste territoire, taillé avec autorité et maîtrisé, soutenu par une problématique ferme… Richesse d'une thématique qui va de l'institutionnel à la spéculation scientifique, aux formes de la diffusion des nouveautés, à l'analyse des milieux scientifiques, sans omettre les aspects culturels… Un ouvrage de référence. " Michel Vovelle

" En décrivant la genèse, la réussite ou l'échec de processus de recherche-développement, l'ouvrage de Patrice Bret incite à réfléchir sur les logiques auxquelles obéit l'innovation scientifique et technique. En apportant des éléments nouveaux sur la genèse de la recherche-développement impulsée par l'Etat, il ne peut que susciter de nombreuses interrogations. Il pose de manière cruciale la question de l'événement et de sa possible transmutation en structures de longue durée.
Par son érudition, par la finesse de ses analyses comme par l'ampleur des problèmes qu'il soulève, il participe du renouvellement de l'histoire des sciences et des techniques, une histoire qui ne peut plus se concevoir aujourd'hui sans liens étroits avec l'histoire sociale et politique. " Antoine Picon

" Nous savions déjà l'importance de l'appel fait aux savants par la Première République, la multiplication des fabrications de guerre, la récolte du salpêtre ou bien encore l'application sur le champ de bataille d'inventions du XVIIIe siècle. Patrice Bret nous montre toute l'agitation d'esprits impulsés, guidés, canalisés par le gouvernement républicain. Les recherches scientifiques et leurs applications dans l'art de la guerre deviennent une des affaires principales de l'Etat de 1793 à la Restauration. Le gouvernement définit les objectifs généraux, les finance et, en la matière, dote le pays de structures spécifiques… Les ingénieurs savants prennent le pas sur les savants… Il y a là comme " une révolution culturelle ".
Un ouvrage de référence pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire des sciences et des techniques de la guerre et des retombées qu'elles eurent dans le domaine de l'industrie civile. Patrice Bret nous conduit à nous interroger sur le legs de la période révolutionnaire et impériale fait aux temps contemporains. " Jean-Paul Bertaud

" L'originalité est grande, car l'objet historique n'allait pas de soi : qu'est-ce que ce concept assez volatil de recherche ? Patrice Bret a su le fixer en analysant avec soin l'articulation de la recherche à l'administration d'une part, aux pouvoirs politiques d'autre part, et aux corps savants enfin, que ce soit l'Académie des sciences ou les corps proprement dits.
P. Bret n'est pas un analyste de la " science normale " au sens de Kuhn : il n'enferme pas un système technique dans une rationalité explicative ; il dégage véritablement la genèse d'un mode nouveau et s'acharne à cerner et mesurer cette transformation. Adoptant le principe de symétrie cher aux tenants des science studies, il mêle l'étude des techniques ratées (au moins pour un temps) à d'autres sanctionnées par le succès. " Jean Dhombres
 
BON DE COMMANDE
Collection Carnot
Ouvrage publié par la Fondation Carnot
avec le soutien de la Société des études robespierristes

Patrice BRET

L'ÉTAT, L'ARMÉE, LA SCIENCE
L'invention de la recherche publique en France (1763-1830)

Je commande …….. exemplaire(s) de L'État, l'armée, la science
au prix unitaire de 28 euros (franco de port).

Ci-joint mon règlement pour un montant de : ________________euros

Nom :
Prénom :
Adresse :
Code postal :
Ville :
Pays :

Ce bon de commande accompagné d'un chèque à l'ordre de M. l'Agent comptable de l'université Rennes 2 est à envoyer à l'adresse suivante :

PRESSES UNIVERSITAIRES DE RENNES
UHB Rennes 2 - Campus de La Harpe
2, rue du doyen Denis-Leroy
35044 Rennes cedex www.uhb.fr/pur

 
 
haut de page